Ce vieux débat sur le Post traitement

Ce vieux débat sur le Post traitement

Soyons honnêtes, la correction des photos, la multi exposition et bien d’autres, existaient déjà du temps de l’argentique, cela se faisait dans “l’intimité” des chambres noires, et tout le monde trouvait cela normal. Depuis le numérique, les outils ont changé, ils se sont améliorés, et surtout,  sont devenus accessibles à tous, apportant du très bon comme du très mauvais. Dès lors, des confusions sont apparues, entre retouche, post traitement, développement… Une limite souvent ténue entre les deux donnant lieu à des débats parfois houleux sur le net,  je vais essayer de démêler un peu tout cela pour vous.

Un fichier jpeg n’est pas une photo brute, c’est une photo déjà corrigée… par le boitier et son processeur. Déjà là, ça calme 😉
Non non, revenez ! 😉 
La photo brute de capteur, c’est le fichier RAW uniquement. Un fichier dont les informations n’ont pas encore été traitées. Le résultat est parfois un peu terne, comme un travail inachevé. Ce qui vous laissera plus de latitude et de liberté pour obtenir une image finale plus aboutie, récupérer une photo un peu trop surexposée ou sombre de manière non destructive. Le développement ou post-traitement, va juste prolonger, affiner la vision que vous avez eue au moment de la prise de vue.

 Les boitiers ont beaucoup évolué, et offrent une plage dynamique de plus en plus large, mais le résultat reste toujours moindre par rapport à la vision humaine puisque notre oeil compense et perçoit beaucoup plus de détails. Le boitier ne rend pas vraiment la “vérité” de notre vision humaine. Inversement, vous avez sans doute déjà vu ces petits ronds de lumière en arrière plan sur les photos de portrait ou de macro (voir dans mes galeries). L’oeil ne peut pas les percevoir, par contre le boitier muni de certains objectifs les fera ressortir. C’est ce qu’on appelle aussi le bokeh. Ce n’est pas la vérité, mais ce n’est pas de la retouche ni un trucage, c’est de la technique.
Cela rend la photo beaucoup plus créative par ses possibilités de réglage, permettant au photographe de s’exprimer selon son humeur ou son ressenti, et au final, de créer son propre style.

Cette liberté est bien plus amusante et passionnante, vous ne trouvez pas ?

Alors, pousser quelques curseurs, c’est comme pousser encore plus loin les possibilités du matériel, afin de finaliser l’interprétation du photographe et prolonger sa créativité. C’est ce qui va révéler une photo, pour en faire VOTRE photo. Donner plus de force ou de mystère à une image, la rendre plus saisissante, faire ressortir un ciel dramatique ou menaçant, bref, développer tout son potentiel ! 

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si on utilise photoshop, mais comment et jusqu’à quelles limites. Toute votre créativité se poursuit ici. Il est temps de laisser ses préjugés au vestiaire, car la question qui va se poser maintenant est : Comment et vers quoi je vais emmener cette photo, ou cette autre. Quelle âme vais-je lui donner. Du rêve ? du réalisme ? du graphisme ? de la douceur ? du caractère ? Aura-t-elle une vocation documentaliste, journalistique ou artistique ? Que choisir et comment l’appliquer… 

Se servir de photoshop n’est pas aussi simple que certains le prétendent ou essayent de nous le faire croire. Il faut un temps d’apprentissage certain et conséquent, c’est un logiciel en constante évolution, vaste et puissant.  C’est à force de pratiquer que l’on parvient à sentir toute cette finesse, et les subtilités du logiciel, et par là même, votre sens artistique. Allez, encore un préjugé à mettre aux oubliettes. 

Les limites :

Le post traitement ne fait pas tout. Il ne peut pas corriger une mauvaise composition ou une mauvaise technique. Si la base n’y est pas, une photo mal fagotée ou sans intérêt le restera. Mais s’entêter par principe à garder des photos sans saveur, et sans âme, alors qu’un rien pourrait les sublimer, c’est un peu dommage. 

Et la triche là-dedans ? La manipulation d’images ?

L’art est subjectif. Chacun a son opinion, mais la seule qui compte, c’est la votre. C’est VOTRE art, c’est VOUS qui décidez.

Cependant, une seule chose me semble importante et évidente c’est : la transparence. L’honnêteté . Ne pas prétendre vrai ce qui ne l’est pas.

–  Vous voulez ajouter une aurore boréale au dessus de la Tour Eiffel,  c’est votre décision en tant qu’artiste. 

– Vous ne voulez pas traiter vos images ou très peu ? où est le problème ? 

Pour le premier cas, c’est une photo qui ne l’est plus vraiment, dès lors qu’elle est réalisée à partir de différentes photos ou extraits de photos pris dans différents endroits. Nous basculons dans l’art graphique ou art numérique, et les scènes sont tellement improbables et irréalistes qu’elles ne laissent aucun doute. Le photographe ou compositeur revendique son style sans aucun problème puisque telle est sa démarche. On trouve des compositions fantastiques et débordantes d’imagination sur le net, avec des styles très personnels et prononcés, superbement réalisés, personnellement, j’adore.
Et puis il y a les autres : ceux qui ajoutent par exemple une montagne qui n’existe pas dans la photo d’un lieu connu et jurent par tous les saints que c’est vrai. Qui ajoutent un magnifique éclair d’orage découpé sur une photo “empruntée” sur le net mais se gardent bien de le dire car leur but est d’épater la galerie ou faire le buz. (Les faux-tographes).

Certains photographes pseudo animalier s’y sont essayé aussi, poussant l’audace jusqu’à présenter des photos truquées en concours international de photo animalière, et se sont fait griller illico presto 😉 

Perso, je crois que le mieux c’est vraiment de rester honnête. Pas nécessairement préciser pour chaque photo, mais au moins dire la vérité lorsque quelqu’un pose la question.
Un photographe honnête sera toujours plus apprécié qu’un photographe qui ment, car il perd très vite toute crédibilité pour l’entièreté de son travail.
 Il y aura toujours quelqu’un qui va le voir et dénoncer. En concours ou lors de simples publications, tout finit par se savoir.

Entre les deux, de nombreux photographes de paysage revendiquent le fait qu’ils post traitent énormément leurs images, développant leur propre style en totale transparence. Ils appliquent parfois des techniques poussées comme l’empilement ou focus stacking, mais conservent un certain réalisme dans le sens où aucun élément qui n’existe pas n’est ajouté. Ils sont toujours dans le cadre de la photo à proprement parler. Sans révéler nécessairement tous leurs secrets, ils donnent volontiers des explications à qui le leur demande. Ils sont de fait totalement respectés.

Ma vision, ma photo

En ce qui me concerne, je crois que je suis passée par tous les stades de réflexion, au fil du temps, du style d’image que je prenais et de mon évolution. Je connais photoshop depuis ses premières versions et me suis posé mille questions depuis en matière de post-traitement. Des remises en question aussi sur les limites que je souhaitais m’imposer, ou pas.

J’ai débuté avec la photo dite naturaliste, je m’en servais très peu hors des corrections basiques, puis ce fut un peu plus évident lorsque j’ai commencé la photo de paysages forestiers, donc assez récemment. Simplement parce que j’éprouve le besoin d’emmener mes photos vers un monde un peu plus ” fantastique” ,  par mon côté rêveuse, mais toujours en travaillant la base à la prise de vue, évidemment. 

Je me laisse guider par mes propres choix artistiques et sans toutefois tomber dans l’excès,  j’applique une correction modérée et réfléchie, laissant un petit bout de moi dans chacune de mes images, afin qu’elles me ressemblent. Je n’ajoute rien à mes photos. Tous les objets que vous voyez (brouillard, rayons de soleil, etc.) sont réels.
Et pour certains effets, issus de techniques bien précises comme les champignons lumineux, ou les paysages nocturnes, je veille à ce que mes photos, restent des photos. Pour la partie animalière, toutes les photos sont naturelles et sans artifice ni manipulation d’aucune sorte, la rosée sur les libellules et naturelle, et les photos d’oiseaux réalisées sous affût.

J’ai trouvé mon équilibre, à vous de trouver le vôtre, et surtout, soyez fier de votre art !

 



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