Coronavirus, un temps de pause pour la planète

Coronavirus, un temps de pause pour la planète

En tant que photographe de la nature, cette période de confinement a été assez difficile pour moi, faute de pouvoir aller me perdre en forêt, loin de la civilisation.
Paradoxalement, je me sens très apaisée de voir que la terre a enfin pu s’offrir un petit temps de répit.
De trop courte durée, je ne me fais aucune illusion, car le cycle infernal de la croissance et de l’hyper consommation reprendra vite ses droits.
Un apaisement tout relatif donc, mais bien réel et qui fait du bien.
C’est ce qui m’a aidée à tenir durant de temps de repos.
Plus d’avions, plus de voitures, diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre, presque plus d’humains, des animaux qui ressortent et se détendent enfin…
J’entends les oiseaux chanter le matin comme jamais, et j’ai même pu observer des espèces d’oiseaux qui avaient disparu comme le bouvreuil et le rouge-queue.
Plus de touristes pour piétiner les lieux emblématiques du Nord de la planète, mais ô combien fragilisés par un tourisme de masse incontrôlé..

Un virus qui démontre notre vulnérabilité, notre fragilité, et nous rappelle que nous sommes à tout moment à la merci d’une pandémie. Puis de se rendre compte qu’en fait, l’homo-sapiens de 2020 n’a pas été capable de s’y préparer parce que cela coûte de l’argent !! L’argent, cette peste de l’humanité qui pourrit tout, mais surtout sa gestion nauséabonde !
On commence enfin à admettre du bout des lèvres, que ces pandémies sont provoquées par le comportement humain : les élevages intensifs, le contact entre espèces sauvages sur les étals de marchés, des rapprochements qui n’auraient jamais lieu dans la nature ! D’autres zoonoses bien connues de type SRAS e ntre autres pourraient être évitées si l’on arrêtait de vivre contre nature, contre LA Nature !
Au lieu de cela, on continue d’exploiter la nature à outrance en la pressant jusqu’à la dernière goutte, avec une telle arrogance un mépris total, et surtout, ne pas écouter les scientifiques, qui depuis des décennies tirent la sonnette d’alarme !!
Nombreux sont les hommes et femmes de terrain qui ont vu la planète s’abîmer de manière irréversible, Des biologistes, des photographes animaliers, des humanistes, volcanologues, naturalistes, des gens qui proposent pourtant des solutions de durabilité mais qui ne sont jamais entendu, Pire encore, on leur rit au nez, on les prend pour de doux rêveurs ou des illuminés, pendant qu’ils voient, impuissants, la terre mourir et l’humanité courir à la catastrophe. Même Nicolas Hulot a jeté l’éponge.
Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre me direz-vous. La nature sauvage ne rapporte rien, alors que défigurer des paysage pour y mettre des accro-branches ou ajouter des pistes de ski rapporte tellement plus…
Chaque fois que je m’insurge contre l’abattage de pans entiers de forêt, on me dit, “bah, c’est de la gestion”… Alors qu’en réalité, une forêt, n’a besoin de nous pour se gérer.
Qui sommes-nous d’ailleurs pour oser penser cela !
D’accord, il faut des forêts d’exploitations, mais qu’on laisse vivre les autres, et qu’on protège une fois pour toutes ce qu’il reste de forêts anciennes et primaires de la planète !

Dans nos vies superficielles, nous avons oublié que nous avons une chance inouïe ne serait-ce que d’exister ! La terre, ce petit grain perdu dans l’immensité sidérale, c’est juste un petit miracle ! Et voyez ce qu’on en fait !

J’aimerais tant revoir ces petites exploitations agricoles telles que je les ai connues dans les années 70… Ces prairies entourées de haies pleines de vie et y cueillir des pissenlits pour en faire de bonnes salades sans crainte des pesticides… Ces producteurs locaux et le circuit court ainsi qu’ on les nomme aujourd’hui, reviennent peu à peu, mais tellement insuffisants. Remplacer ces pelouses coupées à ras par des potager comme à l’époque où les gens avaient encore conscience de leur valeur.
Ramasser les oeufs au poulailler avec les enfants ( des souvenirs inoubliables pour moi )

J’espère que ce temps de repos ouvrira en nous quelques réflexions sur nos modes de vie, revenir à des choses plus saines et durables.. Avant de se ruer à nouveau dans les grandes enseignes…
Juste ralentir, revenir à l’essentiel, en profiter pour planter des haies, des fleurs mellifères, des arbres fruitiers bien de chez nous,
Profitez-en aussi pour admirer toute la vie qui existe au jardin et autour de nous. !

Je terminerai cet article avec une belle citation de Pierre Rabhi :
” Nous entrons dans une ère où, face aux planifications de l’homme, la nature décidera et mettra des limites “

Prenez soin de vous, prenez soin de la nature !